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vendredi 19 avril 2013

Petit à petit...tout y passe !


Je commence donc ce nouveau post par une photo de l'extérieur : les couvreurs nous ont livré les tuiles, et les voici donc en place, après quelques heures de manutention ! Reste à les concasser à coups de massette... un travail de bagnard... mais on n'est pas pressé !



L'appentis s'arrime au sol : Julien a coulé le béton de chaux dans chaque pneus. Nous attendons la livraison des tôles pour le couvrir et y ranger tout ce qui traîne - et ce n'est pas peu !


 


Voici la bonne surprise du week-end dernier ! Les voisins ont entrepris de tailler cette affreuse haie de palme qui nous cachait le lumière matinale : un vrai plaisir !



Passons maintenant à l'intérieur.
D'abord, un aperçu de la dalle, qui, quoi qu'on en dise, a bien l'air de sécher ! On le voit à la couleur (en brun, du cob frais ; au-dessous, la dalle, couleur terre sèche).
Ce sont évidemment les parties qui ont profité du soleil de l'hiver en direct qui ont séché totalement. Le reste prend son temps... pas de miracle, mais c'est en très bonne voie !


Ensuite, l'électricité.
Les saignées se font très facilement dans la bauge, pourvu qu'on ait une meuleuse (merci Sylvain !). Il n'y a vraiment aucun problème de solidité. La bauge ne s'effrite pas mais se comporte un peu comme une pierre tendre. Toutes les saignées sont faites et bouchées :



La bauge appliquée pour reboucher à sécher un quelques petits jours (même pas trois je crois...). C'est sans doute parce qu'on n'a pas suffisamment humidifié avant de l'appliquer, du coup, toute l'humidité a été absorbée par le mur. Erreur négligeable en l’occurrence, mais de laquelle nous tirons une leçon pour les enduits à venir : il faudra mouiller, mouiller, et encore mouiller, sinon, ils se décolleront !


 

Après, la plomberie.
Nous avons passé nos tuyaux de PER partout afin de pouvoir lever la fin des cloisons. Rien à signaler, c'est très facile après une petite explication (merci Sylvain - encore). Notons tout de même que les trous dans les cloisons en béton de paille se font très bien et sans rien endommager : c'est solide et épais tout ça ! (nous avons percé la bauge et fiché des chevilles pour fixer les colliers : là encore, aucun problème).



Maintenant, revenons à ce satané frein vapeur !
L'astuce du lait de chaux a parfaitement fonctionné : ça colle à max !
Julien a monté du cob au-dessus des linteaux pour finir et bien emprisonner le frein vapeur.
Pour le reste, côté isolation, nous avons eu quelques surprises... Nos fournisseurs de matériaux nous ont appris que la ouate de cellulose sans sel de bore était, une fois insufflée, d'une puanteur insoutenable (dûe à l’ammonium utilisé pour remplacer le sel de bore...), tant et si bien qu'elle n'est plus appliquée et que celle avec sel de bore a été remise en circulation malgré les directives européennes... Bref, un sac de nœuds ! Nous changeons donc notre fusil d'épaule pour insuffler une autre isolation (on ne va pas tout défaire maintenant !) : notre choix s'est porté sur la laine de mouton en vrac (qui est 100% naturelle bien que lavée et traitée antimites, évidemment, mais sans ajout d'agent liant genre polyester et autres pétrochimiques...). On attend les devis (laine de chez Naturlaine pour ceux que ça intéresse)... mais on est déjà content du tournant que prend la chose (je rêve de cette grande couverture légère au plafond !)
 


Les cloisons.
Nous mettons de la toile de jute sur les montants en bois que nous comptons cacher avec les enduits, le bois n'étant pas un support idéal pour la terre...


Et maintenant, les choses sérieuses !
Nous avons fait tous les mortiers greb dans l'atelier. Même formule que dehors mais sans chaux, du coup, ça craquèle énormément, mais ça tient. Nous passerons là-dessus un enduit fin de plâtre-terre (le plâtre ayant cette vertu très appréciable de ne pas faire de retrait : pratique pour les colombages !)
On voyait beaucoup les traces de mains (lors de l'application du mortier) et j'ai donc passé un rouleau à pâtisserie partout, histoire d'atténuer lesdites et les bosses trop nombreuses pour que ça reste joli... efficace le rouleau (et pour les creux trop prononcés, la petite voisine nous a prêté un ballon en plastique...) ! 





Dans la salle, on se posait la question du fil électrique apportant la lumière dans mon bureau... on a opté pour l'élévation d'une colonne en terre : ce sera la seule terre non enduite et/ou badigeonnée de la maison : on la gardera brute si elle belle ! Pour le moment, cela ressemble plutôt à une espèce de château de sable rudimentaire... En regard, un tronc d'arbre sera posé pour faire la porte...


Et aujourd'hui, les derniers travaux en date :
un mortier terre-plâtre sur la paille dans la chambre. Ce mortier fait aussi office d'enduit, c'est donc là la couche de finition ! 
Trouver le coup de main et la technique pour garder les creux et les bosses et obtenir en même temps un aspect lissé n'a pas été chose facile, mais à la fin, j'ai pigé le truc : il faut mouiller (là aussi) et lisser avec un rond de plastique découpé dans un sot alimentaire (pour nous, c'est toujours les seau d'olive récupérés à la coop bio de Combourg). Autre chose : il ne faut pas humidifier la couche d'accroche, sinon, le mortier adhère moins bien ; et il faut projet l'enduit à la main, c'est ce qu'il y a de plus simple et rapide à mon goût !
Voici donc le rendu (étant entendu que nous brosserons les montants de bois une fois que tout cela sera sec et résistant !) (la troisième travée n'a pas été lissée : on voit bien la différence - et la quatrième n'est pas finie):


 (oui, oui, on laisse les bouts de paille récalcitrants dépassés ! on ne va pas se battre non plus !)
En séchant, la couleur devrait être la même mais en plus clair. Notre terre n'est plus aussi orangée qu'au début... c'est qu'elle est beaucoup moins sableuse...Il sera toujours temps de faire un badigeon teinté ou une peinture (à la chaux, à la caséine, à l'argile...?) ou un glacis, si la couleur ne nous plaît pas.


Pour finir, les petites bricoles à modifier :
d'abord, une fenêtre à changer (celle mon bureau, à l'est)... on en cherche donc une plus grande (maintenant que le soleil n'est plus gêné par les palmes, les premiers rayons devraient entrés par ici dans la maison...)


Et puis la toiture dont il faut rogner du débord : 90cm, c'est trop, ça nous cache trop de soleil (à cette saison, il ne rentre que de 50cm au travers les fenêtres...) et nous fait donc perdre en lumière et en apport thermique, c'est dommage !
Nous envisageons de ne garder que le minimum requis : 50cm. L'ombre projetée devrait sacrément réduire et la maison s'illuminer - bientôt, bientôt...!



Voilà tout...
A suivre : les enduits terre-plâtre sur les mortiers de l'atelier ; les enduits terre-chaux aérienne sur tout le reste de la maison (environ 160m2 de surface murale)... et puis sûrement mille autres choses !

6 commentaires:

  1. Bonjour,
    Bravo pour votre belle réalisation !
    Je souhaite reprendre l'idée des pneus de soubassement pour un abri de jardin, pourriez-vous partager la recette du mortier de chaux et la quantité des ingrédients nécessaire ?
    Bonne continuation

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    1. Bonsoir "Anonyme",
      Le mortier est une simple tambouille du genre 4 sables pour 1 chaux... mais ça peut varier sans que cela pose de problème. En règle générale, sur les sacs de chaux, il y a des infos sur les quantités selon ce qu'on veut faire (maçonnerie, joints, enduits, dalle...) : ça donne une petite idée !
      Pour le reste, nous, on a mis des graviers (20-40) histoire de mettre moins de mortier...
      J'imagine qu'il existe d'autres blogs mieux fournis que le nôtre sur cette technique...

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    2. Merci pour la réponse.
      Cette technique est surtout utilisée par Tom Rijven ou amazonail, à la différence près que le pneu est couvert d'une plaque d'OSB de répartition des charges qui supporte une poutre horizontale. Mais cette technique exige un ancrage de l'ensemble pneu / OSB / poutre, notamment avec une ancre métallique enfoncée dans le sol et boulonnée sur l'OSB.
      Le problème de l'OSB est qu'il craint la pluie.
      Et l'avantage de votre technique avec mortier, c'est qu'il semble que l'on peut se passer d'ancrage supplémentaire.
      Nicolas

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    3. Alors il faut préciser une chose, et non des moindres !
      Nous pensons que notre "ancrage" est suffisant car nous avons mis beaucoup de pneus - 14 je crois - et, chacun étant rempli de graviers + mortiers, il semble peut probable que la structure s'envole (c'est diablement lourd tout ça !)- sauf tempête exceptionnelle ! Nous avons pensé qu'il n'y aurait aucun problème de ce genre, mais bon... c'est une expérience... à vous de voir donc !
      Ceci dit, puisque ces soubassements sont prévus pour votre abri de jardin, vous prenez peu de risque ! Il faut tenter le coup et ne pas lésiner sur le nombre de pneus !

      Bon travaux !
      Dorothée.

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  2. Coucou! Sortant d'un chantier cob en Cévennes qui a duré 3 ans et qui n'est pas terminé, je recherche actuellement à intervenir de manière bénévole sur d'autres chantiers et surtout le week end! Ou en êtes vous au niveau des travaux et avez vous besoin de bénévoles? merci. So

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    1. Bonsoir Sonia,
      C'est très généreux de ta part de proposer ton aide, mais malheureusement pour toi, et heureusement pour nous, la maison est maintenant terminée et nous vivons dedans...!
      Bonne continuation,
      Dorothée.

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